​Le meilleur footballeur algérien du siècle précédant,Ahcène Lalmas est mort

Ahcène Lalmas, un footballeur des années soixante, l’un des meilleurs joueurs que l’Algérie ait produit depuis son indépendance en 1962, est mort ce samedi à l'âge de 75 ans après une longue maladie.

Voici un article sur le défunt tiré du livre « LES ARCHIVES DU FOOTBALL ALGERIEN » paru en 2014

Ahcène Lalmas a été désigné après un sondage organisé par le journal sportif Echibek à la fin de 1999 auprès de cent cinquante personnes : joueurs, entraîneurs, dirigeants, arbitres et journalistes.

Dans le classement établi à la faveur de ce sondage, Ahcène Lalmas a obtenu la première place avec 478 points, soit 200 de plus que l’autre star du football algérien Rabah Madjer.

Il a fait l’unanimité chez la plupart des sondés. Cet écart de points illustre la valeur de ce joueur qui a rayonné pendant une quinzaine d’années sur les terrains d’Algérie. Il est de loin le sportif algérien qui a le plus marqué son temps.

Ayant accompli toute sa carrière de footballeur en Algérie, Ahcène a débuté avec l’OM Ruisseau avec lequel il a réalisé un record original qui n’a d’ailleurs jamais été battu par un autre joueur. Il a inscrit à lui seul 14 buts en une seule rencontre officielle. C’était un match éliminatoire de Coupe d’Algérie contre la formation de Birtouta, qui avait encaissé ce jour-là 18 buts.

Lalmas a ensuite signé une licence au sein du club voisin, le CR Belouizdad, un club créé en 1962 issu de la fusion de deux clubs de Belcourt, le WRB et le CAB. Avec cette formation, il a marqué le football algérien des années soixante.

Il a décroché 4 titres de champion (1965, 1966, 1969 et 1970) et trois Coupes d’Algérie (1966, 1969 et 1970) et trois fois (1970, 1971 et 1971) le titre maghrébin.

En équipe nationale, il a été convoqué pour le premier match de l’équipe algérienne indépendante, le 6 janvier 1963, contre les espoirs de la Bulgarie ; il n’avait pas encore dépassé les 20 ans lorsqu’il a été appelé par le trio d’entraîneurs composé de Abdelkader Firoud, Smaïl Khabatou et Abderrahmane Ibrir.

Evoluant en amateur en Algérie, Lalmas était toujours appelé en sélection, même lorsqu’on faisait appel aux joueurs professionnels évoluant en France, ceux qui avaient fait les beaux jours de l’équipe du FLN.

Les anciens se remémorent le match livré le 4 novembre 1964 à Alger devant la grande équipe de l’Union Soviétique qui possédait dans ses ranges plusieurs célébrités dont Lev Yachine, considéré jusqu’à aujourd’hui comme le plus grand gardien de tous les temps. Menés au score (2-1), les Algériens avaient enregistré en seconde mi-temps la rentrée de Lalmas qui avait réussi à égaliser pour son équipe d’une magistrale reprise de la tête qui avait pris à défaut Yachine.

La légende Lalmas était née, Ahcène fera l’histoire du football algérien tant son influence sur le jeu, sa combativité, sa maîtrise du ballon, son extraordinaire clairvoyance, ses dribles déroutants et son sens très aigu du but étaient développés chez ce joueur comme on fait peu.A son ombre pousseront de jeunes talents et sa classe fera des émules qui ont pour noms Amirouche, Fréha, Salhi, Seridi, Selmi, Kalem et Betrouni, entre autres.

En plus de ses qualités de buteur, Lalmas a toujours eu un certain ascendant sur ses coéquipiers, ce qui l’amena petit à petit à se transformer en stratège, abandonnant le poste d’avant-centre. Son intelligence de jeu, ses qualités de meneur d’hommes et ses accélérations décisives en avaient fait l’un des joueurs les plus complets du continent africain.

A la fin de sa carrière, il avait quitté le Chabab pour intégrer le NA Hussein Dey avec sa pléiade de jeunes talents qui avaient pour noms Ali Fergani, Mohamed Khedis Meziane Ighil et Mahmoud Guendouz.

Au crépuscule de sa carrière, pointait la réforme sportive qu’il ne vivra pas en tant que joueur. Lui qui avait tout donné à l’Algérie du football a raté cette politique qui allait tout donner au sportif dans une espèce d’action de retour. Il a tenté par la suite une carrière d’entraîneur mais la réussite n’a pas été au rendez-vous.

Son franc parler l’a souvent poussé à l’excès et il n’en reste pas moins qu’il a réussi à tirer son épingle du jeu. Il ne s’était pas fait que des d’amis dans le football. Il n’en demeure pas moins que c’est ce monde du football qui a reconnu en lui le meilleur joueur algérien du siècle précédent.

Vivant complètement en retrait,Lalmas a évité ces dernières années tout contact avec le milieu du football ou de la presse.