​Championnat , calendrier ...un peu d’histoire

Le championnat national algérien, à l’instar de celui de nombreux pays, vit actuellement en confinement total à cause de la pandémie de Corona virus qui sévit dans le monde.

Conformément aux instructions des autorités du pays, aucune activité sportive en groupe n’est autorisée. De ce fait, les matches et les entraînements sont annulés jusqu’à nouvel ordre.

A la diffusion du communiqué, le 15 mars dernier, qui suspend toutes les manifestations sportives et culturelles, les championnats de Ligue 1 et Ligue 2 comptaient respectivement huit et sept journées encore à disputer, quant à la coupe d’Algérie, il restait trois tours (1/4 de finale retour, ½ finale aller et retour et finale).

Que faut-il faire ? Depuis ce surprenant et inattendu événement avec toutes ses répercussions qu’il a engendré, cette question taraude aussi bien les autorités du football national que les clubs particulièrement dans le cas où le délai se prolongerait au delà de la date de reprise officielle c'est-à-dire au delà du 5 avril. Il faut attendre la prochaine réunion (en visio conférence) du Bureau Fédéral le 31 mars 2020 pour voir plus claire la suite et les éventuels scénaris qu’il proposera .

Il est utile de signaler et de rappeler ici que ce n’est pas la première fois ce cas de figure se présente au football national. On a assisté souvent dans le passé à des perturbations du calendrier pour d’autres motifs parfois pour des raisons extra sportives. On a vécu ces situations surtout durant la décennie noire

A titre d’exemple, entre 1990 à 1993, trois saisons se sont enchevêtrées. la première, celle 90/91, a commencé en septembre et s’est terminé en octobre de l’année d’après. La 27ème journée s’est déroulée le 23 mai 1991 et la dernière a eu lieu le 1er octobre 1991. La saison suivante, inaugurée quelques jours après, le 25 octobre 1991 est allée jusqu’au 12 octobre 1992. La saison 92/93 était suspendue en mai 1993 alors qu’il ne restait encore que sept journées. La compétition a repris en août 1993 pour s’achever en octobre. A un certain moment, la FAF, avait décidé d’instaurer en pleine saison un championnat à blanc avant de revenir sur sa décision. Elle a préféré repousser la saison éviter la saison blanche.

Durant cette période, deux éditions la coupe d’Algérie ont été annulés par deux fois; celle de 1990 et de 1993, en revanche celle 1989 , elle s’est joué sur deux saisons. La compétition a commencé en janvier 1989 avec les 1/32èmes de finale et a pris fin avec la finale en juillet 1990 . Il a y a lieu de signaler que le non déroulement de la coupe de 1990 est due à une surcharge de la programmation internationale avec la Coupe d’Afrique des Nations que l’Algérie avait organisé en mars 1990.

L’édition de 2000 a été également repoussée à novembre 2000 à l’issue de laquelle le club du sud de Beni Thour avait remporté le trophée.

Durant la saison 1997/1998, c’est le démarrage du championnat qui a pris du retard. La compétition n’avait commencé que le 1er janvier 1998 suite à la décision du nouveau locataire du ministère de la Jeunesse et des Sports, M.Aziz Derouaz, qui avait décidé «d’emprisonner» la compétition jusqu’à l’élection d’un nouveau bureau fédéral . C’est en décembre qu’on est arrivé à dégager une composante du bureau fédéral présidée par l’ancien président du MO Constantine, Mohamed Salah Diabi. La championnat a été ensuite libérée selon l’expression de la presse, mais pour rattraper le temps perd, la FAF pour ne pas dire le MJS a opté pour une formule de 2 groupes de 8 clubs .

En 2013, devant l’impossibilité de boucler son calendrier de la saison à la date fixée par la FIFA (10 mai) en raison de la tenue de la coupe du monde au Brésil, la FAF avait proposé aux clubs qualifiés aux compétitions africaines d’annuler leur participation. L’USM El Harrach avait accepté la demande mais le CS Constantine et l’ES Sétif, avaient rejeté cette proposition. Il se sont engagés par écrit devant la FAF à jouer sur les deux fronts Ils ont pris leur responsabilité en présentant parfois deux équipes différentes dans les matches du championnat national et de la CAF qui tombent le même jour. Et contre toute attente, c’est le club algérien l’ES Sétif qui s’est adjugé en fin de compte du titre africain.

La FAF ou la Ligue sont toujours confrontés à ce problème de calendrier particulièrement les dernières années où la CAF a encore surchargé son programme international des clubs, A titre d’exemple le finaliste d’une des coupe d’Afrique des clubs disputera une quinzaine de matches , soit une demie - saison. Ce qui est arrivé au MO Béjaia qui a laissé toutes ses forces dans cette bataille africaine avant de tomber en Ligue 2. Les clubs algériens sont également sollicités par l’union arabe de football pour participer à sa Ligue des champions. Le gain que propose cette compétition ne laisse aucun club insensible.

Mais les premières difficultés avec le calendrier sont apparues dans les années 80 , depuis exactement 1976 , année de la première participation des clubs algériens au niveau africain. Les journées du championnat de première division ont été souvent tronquées au point ou il était difficile de suivre la compétition avec les rencontres retards. Première grande victime, ce fut le «Pari Sportif algérien» , l’organisme parieur, crée en 1966 pour financer les activités sportives et de jeunesse, arrivait difficilement à s’y adapter. Il n’a pu résister à l’anarchie, il a rendu l’âme en 1991 et le sport a perdu une bonne source de financement.

Le football algérien se caractérise aussi par une donnée à laquelle les responsables de la FAF ou de la Ligue sont tenus de la prendre en considération dans l’élaboration du calendrier : Il s’agit du mois de Ramadhan. On a souvent essayé d’adapter la compétition avec ce mois sacrée pour préserver avant tout la santé du joueur mais lorsqu’il coïncide avec la fin de saison marquée par les chaleurs climatiques et les enjeux sportives, la programmation devient encore beaucoup plus problématique.

Cette lecture historique du calendrier et du championnat national nous montre que le problème de la maîtrise du calendrier ne date pas d’hier, mais une chose est sûre que les éditions organisés depuis 1962 ont été toutes bouclées à temps ou en ....retard.